C’est à vingt ans, par simple curiosité que j’ai commencé à apprendre le dessin. En parallèle d’études d’anglais à la fac, je me suis inscrite à un cours de dessin, rue Notre-Dame de Lorette, où j’ai passé trois années à découvrir le dessin académique, le portrait et la perspective. Mais rapidement, j’ai ressenti une forme de stagnation, un besoin profond de créer véritablement.

Au même moment, m’ennuyant dans mes études, j’ai postulé pour devenir hôtesse de l’air à Air France. J’avais 23 ans.

En feuilletant un magazine, je suis tombée sur une petite annonce pour intégrer un atelier de peinture vers République.

Cette petite annonce allait changer ma vie.

J’ai donc eu l’honneur de devenir élève du peintre sensualiste Jean-Yves Guionet, un maître qui a marqué à jamais ma façon de peindre. Je me souviens encore de ma naïveté, me demandant comment peindre, en fonction de mes goûts, de mes peintres préférés… Sa réponse résonne encore en moi : “On ne peint pas à la manière de, en imitant, on peint avec ce que l’on ressent en soi, ce que l’on a en soi.” Grâce à lui, j’ai trouvé ma voix, ma voie, mon geste créatif. Mes productions ont alors pris une toute autre dimension.

Cependant, la vie m’a ensuite éloignée de Paris pendant plus de vingt ans, ce qui a ralenti mon évolution artistique.

Mais à mon retour dans la capitale, j’ai eu à nouveau la chance de rencontrer une autre peintre, ancienne élève de Jean-Yves Guionet : Claire Arnal.

J’ai tout fait pour entrer dans son atelier, très prisé. Cela fait presque trois ans que j’y suis et ma peinture est en pleine renaissance.

Mon travail, mon univers, est nourri par mes multiples voyages à travers le monde et spécialement par les grandes villes où j’ai atterri comme New York, Tokyo, Londres et Paris.

Les rencontres furtives faites pendant mes courtes escales, les silhouettes, l’énergie de ces mégalopoles m’inspirent. Je me laisse enveloppée par les bâtiments, les perspectives, le mouvement incessant, les détails, jouant avec la couleur et la lumière.